La rencontre de Jésus et de la Samaritaine (Jn 4)
L’abbé de Clairvaux n’a pas donné de commentaire suivi de ce texte majeur, qui n’était pas lu à son époque le troisième dimanche de Carême comme dans le lectionnaire présentement en usage. Mais ce texte est présent à sa pensée : l’édition critique réalisée par les Sources Chrétiennes ne dénombre pas moins d’une cinquantaine de citations, références explicites ou allusives à ce passage, en particulier dans ses Sermons sur le Cantique.
Suivons Bernard dans sa lecture de cette page d’évangile.
« Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. » (Jn 4,6)
Dans le cadre de ses Sermons pour l’année, arrivé au Mercredi Saint, au porche de la Passion, Bernard fait mémoire de la rudesse de la condition humaine marquée par la chute et le péché, et la façon dont Jésus, Nouvel Adam, l’a assumée pour la sauver :
Le premier, l’antique Adam, celui qui fuyait la vue de Dieu, nous a laissé deux choses en héritage : le travail et la douleur. Le travail pour l’agir, et la douleur pour le pâtir. Ce n’est pas ce qui lui avait été dit dans le Paradis qu’il avait reçu afin de s’y occuper et de veiller à sa garde, mais de s’y occuper avec plaisir et de le garder avec fidélité pour lui et ses descendants. Le Christ Notre-Seigneur considéra le travail et la douleur, mais pour les prendre l’un et l’autre en mains, ou plutôt pour se jeter entre les mains de l’un et de l’autre, pour se plonger dans le limon même de l’abîme, dont les eaux pénétrèrent jusqu’à son âme. Entendez-le dire à son Père : « Vois mon humiliation et ma peine » (Ps 24,18), car « je suis pauvre et dans les peines depuis ma jeunesse » (Ps 87,16). Il travailla donc avec patience et ses mains se plièrent aux occupations pénibles. Quant à la douleur, écoutez comme il en parle : « O vous qui passez par le chemin, considérez et voyez s’il est douleur semblable à la mienne ! » (Lm 1,12). Isaïe continue : « Il a pris véritablement nos langueurs sur lui, et il s’est chargé lui-même de nos douleurs » (Is 53,4) : homme de douleurs, affligé par la souffrance, tenté en tout, mais sans péché (Hb 4,15). Durant sa vie, il poursuivit une action traversée de souffrance, et dans sa mort il souffrit activement sa Passion, alors qu’il accomplissait notre salut au milieu de la terre.
Bernard de Clairvaux, Sermons pour l’Année, Mercredi Saint, § 11
Et qu’en tire-t-il comme conséquence pour lui, pour sa vie personnelle ? de garder mémoire de ce que le Christ a assumé, et se sachant ainsi précédé et accompagné dans les épreuves, de vivre ce qui lui arrive en prenant appui sur un tel exemple, sachant que celui-ci a débouché sur la Résurrection.
Voilà pourquoi je me rappellerai tant que je vivrai ses travaux en prêchant l’Évangile, ses fatigues dans ses courses, ses tentations dans le jeûne, ses veilles dans la prière, ses larmes dans sa compassion pour ceux qui souffraient. Je me souviendrai de ses fatigues, de ses outrages, de ses crachats, de ses soufflets, de ses moqueries, de ses reproches, de ses clous, et du reste qu’il subit en lui ou sur lui. Et maintenant, je puis marcher sur ses traces, j’ai un modèle à suivre, il ne me reste plus qu’à l’imiter et à suivre ses pas.
Bernard de Clairvaux, Sermons pour l’Année, Mercredi Saint, § 11
Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » (Jn 4,10)
« Si tu savais le don de Dieu… » tu ne courrais plus vers des mirages ! Bernard a goûté combien il est doux de suivre le Christ dans la vie monastique, et il voudrait partager ce trésor avec d’autres, notamment Henry Murdach, un écolâtre anglais dont deux élèves étaient déjà entrés à Clairvaux. Bernard lui écrit :
Pourquoi chercher le Verbe dans des livres, quand nous l’avons dans sa chair ? Il y a longtemps qu’il a quitté la retraite obscure des prophètes pour se montrer aux yeux des pécheurs, et qu’il est descendu des sommets nuageux et sombres de la loi antique… dans les vastes plaines de l’Évangile. Il ne faut que des oreilles pour l’entendre lui-même disant dans son temple : « Si vous avez soif, venez à moi, et je vous désaltérerai » (Jn7,37) ou bien encore : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11,28). Auriez-vous peur de tomber de faiblesse là où la Vérité même promet de vous soutenir ? Si vous avez tant de plaisir à boire l’eau trouble des citernes qu’alimentent les pluies du ciel, vous trouverez certainement bien meilleures celles que vous puiserez aux sources limpides du Sauveur.
Bernard de Clairvaux, Lettre 106, à Henry Murdach, § 1
Dans son 75ème Sermon sur le Cantique, nous le voyons encore se référer à ce passage, mais par jeu d’échos et de superpositions, comme il en est coutumier. Il n’évoque plus la rencontre d’une femme de Samarie avec Jésus fatigué, mais les saintes femmes au matin de Pâques, elles aussi prises dans une quête que le Seigneur ressuscité va exaucer dans un dépassement inoui :
Pour qui donc veillez-vous, ô saintes femmes, pour qui achetez-vous des parfums, pour qui préparez-vous des huiles de senteurs ? Si vous saviez combien grand et combien libre entre les morts est ce mort que vous allez pour embaumer, vous lui demanderiez plutôt qu’il répandît ses parfums sur vous. N’est-ce pas lui que son Dieu a sacré d’une huile de joie, d’une manière plus excellente que tous ceux qui participent à sa gloire (Ps 44,8) ? Vous seriez bien heureuses, si, en retournant, vous pouviez vous glorifier et dire : « Nous avons aussi reçu quelque chose de la plénitude » (Jn 1,16). C’est, en effet, ce qui est arrivé. Car ces femmes qui étaient venues pour l’embaumer, s’en retournèrent embaumées elles-mêmes. Et comment n’auraient-elles point été embaumées par l’agréable nouvelle d’une résurrection si odoriférante ? … Envoyées par l’ange, elles font fonction de prédicateurs, et devenues apôtres des apôtres mêmes, [elles] se hâtent d’annoncer dès le matin la miséricorde du Seigneur.
Bernard de Clairvaux, 75ème Semon sur le Cantique, § 8
« Celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » (Jn 4,14)
Quel désir plus grand, et quel exaucement plus souhaitable ? Non seulement avoir la plénitude de la vie, mais encore devenir fontaine jaillissante de cette vie, qui se répande sur tout son entourage ? Commentant le livre du désir qu’est le Cantique des Cantiques, Bernard ne tarde pas à évoquer cette question :
De quoi me servent tant de discours sortis de la bouche des prophètes ?... Je ne veux plus entendre parler Moïse, il ne fait que bégayer pour moi (Ex 4,10). Les lèvres d’Isaïe sont impures (Is 6,5) Jérémie ne sait pas parler, car ce n’est qu’un enfant (Jr 1,6). Enfin tous les prophètes sont muets, mais que Celui dont ils parlent tant, oui, que Celui-là me parle lui-même… Qu’il ne me parle plus en eux, ou par eux, car leur langage est comme un nuage ténébreux dans l’air, mais … que son agréable présence, les torrents de son admirable doctrine deviennent en moi une fontaine d’eau vive qui jaillisse pour la vie éternelle.
Bernard de Clairvaux, 2ème Semon sur le Cantique, § 2
L’eau infiniment désaltérante et féconde que donne le Fils, c’est d’abord et avant tout sa Parole, annoncée par les prophètes, proclamée durant sa vie publique, vécue jusqu’au bout dans le mystère de la Passion et de la Résurrection, recueillie par l’Eglise et toujours agissante en faveur de qui s’y ouvre avec désir.
« Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » (Jn 4,24)
Cette idée est l’une des convictions les plus récurrentes de Bernard, et il y revient plus d’une dizaine de fois, surtout pour en tirer des conséquences d’un simplicité radicale et bouleversante : tout âme qui le veut bien (et qui donc s’engage par ses actes dans cette voie) peut être un ciel pour Dieu, une résidence de la présence divine :
Selon moi toute âme qui [s’applique à vivre sa foi] peut être à bon droit appelée, non-seulement céleste, à cause de son origine, mais le ciel même, à cause de sa ressemblance. Et c’est alors qu’elle fait voir manifestement qu’elle tire son origine des cieux, quand sa vie est toute dans les cieux. Une âme sainte est donc un ciel… celui qui a appris du Sauveur, que « Dieu est esprit, et qu’il doit être adoré en esprit » (Jn 4,24) n’hésite point de lui assigner l’esprit pour trône. Pour moi, je le dirai hardiment… de l’homme juste… et ce qui me confirme par-dessus tout dans cette opinion, c’est cette promesse fidèle du Fils de Dieu : « Mon Père et moi, nous viendrons à lui, c’est-à-dire, à l’homme de bien, et nous ferons notre demeure en lui » (Jn 14,23). … L’Apôtre dit encore clairement : « Jésus-Christ habite par la foi dans nos cœurs » (Ep 3,17).
Bernard de Clairvaux, 27ème Semon sur le Cantique, § 8
Bernard déploie donc les conséquences de cette nature spirituelle de l’âme, de cette « compatibilité » entre Dieu et l’âme, qui s’expérimente notamment dans la prière :
Toutes les fois qu’on vous dit, ou que vous lisez, que le Verbe et l’âme parlent ensemble et se regardent l’un l’autre, ne vous imaginez pas qu’ils échangent entre eux des mots corporels, ni qu’ils se voient l’un l’autre par le moyen d’images corporelles. Écoutez plutôt ce que vous devez penser en cette circonstance : le Verbe est un esprit, l’âme en est un pareillement ; ils ont leur langue pour se parler l’un à l’autre, et se faire connaître qu’ils sont présents. La langue du Verbe c’est la faveur de sa bienveillance, et celle de l’âme, c’est la ferveur de sa dévotion : l’âme qui n’a point de dévotion, n’a point de langue, elle ne saurait parler, et ne peut s’entretenir avec le Verbe. Lorsque le Verbe, voulant parler à l’âme, agite sa langue, l’âme ne peut pas ne point le sentir, car « la parole de Dieu est vivante et efficace, et plus perçante qu’une épée à deux tranchants, qui va jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit » (Hb 4,42). De même lorsque l’âme remue sa langue, il est impossible que le Verbe ne le sache pas, non seulement parce qu’il est présent partout, mais encore et surtout parce que la langue de la dévotion ne se remue jamais pour parler, si, par sa grâce, il ne l’excite lui-même à le faire.
… Aussi la parole du Verbe est l’infusion de la grâce, et la réponse de l’âme, c’est son étonnement accompagné d’actions de grâces.
Bernard de Clairvaux, 45ème Semon sur le Cantique, § 7-8
Mais la vie spirituelle est loin d’être un long fleuve paisible, une promenade bucolique et amoureuse de l’âme avec Dieu, particulièrement en temps de Carême… en tout temps d’épreuve d’ailleurs. Comme la liturgie du premier dimanche de Carême valorise le psaume 90, que nous chantons chaque soir à l’office du début de la nuit, l’abbé de Clairvaux en a livré un commentaire suivi à ses frères. Traitant du seizième verset, il dit :
« Il a crié vers moi et je l’exaucerai. » (Ps 90,15) … Pour Dieu, le grand cri de l’âme qui se fait entendre de lui, c’est un ardent désir ; au contraire l’intention froide et languissante est pour lui comme une parole si faible qu’il ne saurait l’entendre. Comment pourra-t-elle pénétrer les nuées et se faire écouter dans le ciel ? L’homme est averti dès les premières paroles de la prière qu’il fait tous les jours que le Père auquel il adresse ses demandes est dans le ciel, afin qu’il sache qu’il doit crier de toutes ses forces pour faire monter sa prière vers le ciel par l’effort puissant de son esprit, comme une flèche qu’il décoche. Dieu est un esprit, et il est nécessaire que ceux qui désirent que leurs cris, parviennent jusqu’à lui, crient en esprit et en vérité. Car, de même que Dieu ne regarde point le visage de l’homme, comme font les hommes, mais considère seulement le cœur, ainsi il écoute plutôt la voix intérieure du cœur que la voix sensible du corps. Voilà pourquoi le Prophète lui dit : « Tu es le Dieu de mon cœur » (Ps 72,26).
Bernard de Clairvaux, 16ème Sermon sur le Psaume 90, § 1
Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. » (Jn 4,34)
Lorsque ses apôtres reviennent d’avoir acheté des provisions, et que la Samaritaine est partie raconter à ses concitoyens ce qui lui est arrivé, Jésus dit cette phrase à première vue énigmatique : sa nourriture, c’est de faire la volonté du Père. Il y a là une nourriture pour l’âme, comme le corps a besoin de la sienne. Bernard revient sur cette question de l’aliment de la vie intérieure dans son traité sur l’amour de Dieu :
L’âme fidèle commence donc par manger son pain, mais hélas ! à la sueur de son front (Gn 3,19) : en effet, tant qu’elle demeure dans le corps elle ne marche que par la foi, qui doit agir par la charité, car sans les œuvres la foi est morte. Or, ce sont ces œuvres qui sont sa nourriture selon ce que dit le Seigneur : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père » (Jn 4,34).
Bernard de Clairvaux, Traité de l’Amour de Dieu, § 32
Il ne s’agit donc pas de s’agiter dans des œuvres vaines, dans une quête jamais achevée de mérites illusoires, mais de vivre à partir de la vie d’un autre, de la Vie du Père en qui on se confie (c’est la foi) et dont on pratique avec une reconnaissance aimante les œuvres qu’il a préparées pour nous (Ep 2,10).
Plus intéressant encore, Bernard revient sur ce passage dans un Sermon pour la fête des Rameaux, au terme du Carême. Il s’y demande comment Jésus fortifie ses apôtres en vue de la Passion, et il précise ainsi sa question :
Je me demande quels pains le Sauveur donna à ses apôtres à la Cène… « Ma nourriture, dit-il, est de faire la volonté de mon Père » (Jn 4,34). C’est là, sans doute, une nourriture, mais ce n’est que la nourriture du cœur. Qu’y a-t-il qui soutienne et fortifie le cœur de l’homme, qui l’affermisse et le sustente dans toutes ses épreuves autant que le peut faire l’accomplissement de la volonté de Dieu, qui est pour l’âme comme l’aliment que l’estomac digère ? Aussi, voyons-nous qu’il n’y a que celui dont le cœur s’est desséché, parce qu’il a oublié de prendre sa nourriture, qui ne sait ni entendre la voix de Dieu qui l’exhorte, ni goûter les consolations de ses promesses divines, ni se fondre dans les douces larmes de la prière, toutes choses que j’appellerai la nourriture du cœur.
Bernard de Clairvaux, Sermons pour l’Année, 3ème sermon pour les Rameaux, § 4
Bernard identifiera d’autres réconforts, en tout « cinq pains » : le lavement des pieds, les enseignements qui accompagnent le dernier repas, son propre exemple dans la Passion, et surtout le sacrement de l’Eucharistie, qui est vrai Pain de vie.
[Les habitants de la ville] disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »(Jn 4,42)
Bernard est toujours sensible à la notion de progressivité, de croissance et de développement dans la vie spirituelle, la connaissance de soi et de Dieu, dans l’amour surtout. Il ne manque pas de développer ce que l’Evangile souligne déjà : les concitoyens de la Samaritaine ont progressé dans la foi, passant du crédit qu’ils ont accordé à la parole de cette femme marginalisée à la confiance accordée à Jésus qu’ils ont rencontré grâce à elle.
S’appliquant à distinguer des étapes de progression dans l’amour, Bernard s’appuie sur ce récit, et il expose ainsi le deuxième degré de l’amour :
L’homme ressent donc déjà de l’amour pour Dieu, mais il ne l’aime encore que pour soi et non pas pour Dieu. Néanmoins, il y a quelque sagesse à lui de savoir ce dont il est capable par lui-même et ce qu’il ne peut faire sans l’aide de Dieu, et de se conserver irréprochable aux yeux de celui qui lui conserve toute sa puissance intacte. Mais que le cortège des tribulations fonde sur lui et l’oblige souvent à recourir à Dieu, s’il en reçoit chaque fois un secours qui le délivre, ne faudra-t-il pas qu’il ait un cœur de marbre ou de bronze pour ne pas être touché, toutes les fois qu’il aura été secouru, de la bonté de son libérateur et pour ne pas commencer à l’aimer pour lui-même, non plus seulement pour soi. Car la fréquence des épreuves nous oblige à recourir fréquemment à Dieu, or il est impossible de revenir souvent à lui, sans le goûter et impossible de le goûter, sans reconnaître combien il est doux. Aussi arrive-t-il bientôt que nous sommes portés à l’aimer comme il faut, beaucoup plus à cause de la douceur que nous trouvons en lui, qu’à cause de notre propre intérêt, en sorte qu’à l’exemple des Samaritains disant à la femme qui leur avait annoncé l’arrivée du Seigneur parmi eux : « Maintenant ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons en lui, mais parce que nous l’avons entendu nous-mêmes et que nous savons qu’il est le Sauveur du monde » (Jn 4,42). Nous disons aussi à notre chair : maintenant ce n’est plus à cause de toi que nous aimons le Seigneur, mais c’est parce que nous avons goûté nous-mêmes et nous avons reconnu combien il est doux.
Bernard de Clairvaux, Traité de l’Amour de Dieu, § 26
Il y aurait encore beaucoup à dire, mais on peut déjà en conclure ceci : non seulement la Parole de Dieu est à lire pour elle-même, mais quand elle est intégrée, elle informe en profondeur notre conscience et notre perception, et nous permet de formuler ce que nous vivons ou aimerions vivre. Notre vie sort de la grisaille et reçoit les couleurs de l’Histoire du Salut, elle devient histoire de notre salut.