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Sœur Marie de Jésus Homélie à l'occasion du décès de Sœur Marie de Jésus Sœur Maria Homélie à l'occasion du décès de Sœur Maria Sœur Marie de JésusSœur Marie de Jésus DOUCET fut rappelée par le Seigneur à Lui en la nuit du 21 Novembre 2005, Fête de la Présentation de Marie. Elle avait 88 ans. Née le 10 mars 1917 à Villeurbanne-sur-Rhône, elle connut vite l’épreuve puisqu’elle perdit son père alors qu’elle avait seulement un an. Elle parlait avec admiration de sa maman qui éleva seule ses 6 enfants tout en travaillant chez elle à des travaux de couture. A ses côtés, elle apprit la couture qu’elle faisait à la perfection. Entrée au Monastère à l’âge de 20 ans en 1937, elle fit profession temporaire en 1939, profession perpétuelle en 1942 et solennelle en 1952. Durant sa longue vie monastique de 68 ans, elle accomplit des services très variés : maîtresse des novices, prieure, aide-infirmière, vestaire, chargée du troupeau de vaches, du standard et durant ses dernières années, l’artisanat de confection des tabliers provençaux. Elle vécut deux longues années de dépendance avec grands courage, sérénité et abandon entre les mains des sœurs qui l’ont entourée avec beaucoup de bonté. Elle savait ce qu’elle voulait et le manifestait bien. Mais elle mit ce trait de caractère au service du meilleur : on ne l’entendait jamais dire du mal de son prochain. Elle avait un grand amour envers la Communauté et affectionnait beaucoup la Liturgie où elle prit une part active. Elle avait une âme très secrète mais s’intéressait à tout ce qui se passait dans l’Eglise et dans le monde. Elle a gardé toute sa vie des liens profonds avec sa très nombreuse famille dont elle suivait avec attention l’accroissement et l’évolution. Sa dernière prière explicite la veille de sa mort fut envers le Père Cassant dont elle avait une reproduction devant elle. Elle laisse le souvenir d’une moniale très fidèle à ses engagements initiaux.
Homélie à l'occasion du décès de Sœur Marie de JésusCette homélie a été prononcée par Dom André Barbeau o.c.s.o., abbé de l'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle, lors de la messe de funérailles de Sœur Marie de Jésus, le 23 novembre 2005. Bien chères Sœurs, Frères et Sœurs, Tenez-vous prêts, vient de nous redire la Parole de Dieu. Cette Parole est pour nous, car c'est nous qui sommes toujours surpris de voir partir l'un de nos frères ou l'une de nos sœurs, signe de notre attachement, de nos liens d'affection fraternelle qui fait que nous oublions que nous sommes d'une autre patrie, du ciel où nous allons retourner, comme disait Sœur Marie de Jésus. Habile couturière, il y a bien longtemps qu'elle avait taillé et revêtu son tablier de service, un tablier de service porté, usé en de multiples emplois. Depuis deux ans, elle n'avait plus besoin de ce tablier : le Seigneur avait commencé à la parer d'un autre vêtement plus magnifique que tout ce qu'elle avait pu rêver de faire et de voir, un vêtement de noces éternelles. Bien plus, il lui a donné de se présenter devant lui en la fête de la Présentation de Marie, elle qui aura porté toute sa vie ce beau nom de cette Marie, la Marie de Jésus, et, comme Marie, notre Sœur était de Jésus. Tenez-vous prêts, dit Dieu. Quand on est de Jésus durant toute une vie, on est prêt … forcément. Notre Sœur est partie vers le Père entre le Christ-Roi et le début d'un nouvel Avent, en cette toute fin de l'année liturgique. Arrêtons-nous un instant à ce signe, car il est de Dieu pour nous. Comme Saint Benoît vivant une profonde union à Dieu par la prière et par le cœur n'avait plus recours au soutien des formes extérieures, aux heures de l'Office et de la liturgie au point de ne pas savoir que c'était le jour de Pâques quand on le retrouva dans son désert, je crois que notre sœur ne savait pas non plus très bien quel jour on se trouvait quand est venu le jour de Pâques pour elle, le jour pascal de sa dernière communion dans cette maison. La vie spirituelle n'est pas seulement la présence consciente à l'Autre, c'est aussi l'abondon confiant à Lui quand nos forces nous quittent peu à peu, que nos activités se réduisent et que notre prière n'est plus que le Souffle de Dieu qui prie en nous. Et puis Saint Benoît avait vécu deux longues années dans un lieu insolite, véritable adorateur en esprit et en vérité. Les deux dernières années de notre Sœur Marie de Jésus se terminent aussi dans un lieu insolite ce matin : l'église d'hier n'existe plus, celle de demain n'est pas encore prête, nous voilà ramenés aux adorateurs en esprit et en vérité capables de trouver et louer Dieu en tout lieu, y compris dans un noviciat, lieu par excellence des commencements nouveaux. Il fallait bien une ancienne pour nous redire en cet instant que, si le cadre liturgique, si l'architecture de notre monastère sont importants dans notre vie personnelle et communautaire, ils ne sont jamais que des moyens. Le Seigneur nous appelle à le suivre avant tout dans une relation vivante avec lui, là où le temps et l'espace ne se mesurent ni aux heures ni aux lieux réguliers, mais en amour et en adoration. C'est le mystère de la vie cachée de notre Sœur avec son Seigneur : sa rencontre de Dieu, portée en elle presqu'à la manière d'un secret, sans savoir ni à qui ni comment le dire. Le tabier de tous les services aura été longtemps sa manière de dire le secret de sa vie donnée à Dieu et à ses sœurs. L'attachement à chaque membre de sa famille aura été sa manière de révéler aux siens quelque chose de la tendresse de Dieu dans sa vie. C'est ce que nous célébrons ensemble ce matin auprès d'elle et pour elle dans cette Eucharistie, en l'entourant encore une fois de notre affection et de notre prière.
Sœur MariaEn ce début du Temps de l’Avent, tandis que la Communauté célébrait l’Eucharistie, Sœur Maria PEK nous quittait doucement pour répondre à l’appel de son Seigneur, une semaine jour pour jour après notre Sœur Marie de Jésus. Elle avait 89 ans. Sr Maria est née est née à Heunigsotorf, en Pologne le 3 septembre 1916. A 19 ans, la belle jeune fille - que l’on peut découvrir sur le passeport de l’époque - quitte sa Pologne natale qu’elle ne reverra jamais. Elle rejoint Marseille pour entrer chez les Sœurs de Marie-Immaculée où quelques sœurs de son pays se trouvent déjà. De 19 ans à 28 ans, elle s’occupe avec entrain des enfants sourds-muets confiés à l’apostolat de la Congrégation. De cette période de jeunesse dans la vie religieuse, Sr Maria gardait un merveilleux souvenir. Elle y fit profession le 19 mars 1937. Mais une autre vocation habitait son cœur, presque depuis le début : le désir d’une vie totalement consacrée à la vie contemplative. Elle dût prendre patience jusqu’à ce qu’elle eut la permission de rejoindre la Trappe de Maubec. « Je m’y sentis tout de suite à l’aise », disait-elle. Elle prit l’habit de l’Ordre le 18 mai 1944 et fit profession perpétuelle le 21 novembre 1945. Entrée comme sœur converse, elle eut la joie de devenir moniale de chœur en 1966 : l’Office était pour elle un véritable bonheur, Office qu’elle assura avec une extraordinaire fidélité jusqu’à l’extrême limite de ses forces. Sr Maria remplit diverses tâches pour le service de sa communauté : sous-maîtresse des sœurs converses, sous-maîtresse des novices de chœur, sacristine de nombreuses années – service qu’elle accomplit avec beaucoup de soin –, vestiaire, réfectorière et le jardin jusqu’à ces dernières années. D’un caractère très autonome, elle accomplit toutes ces obédiences avec grande minutie, dans un esprit de silence et de prière et avec un grand amour envers ses sœurs. Sr Maria laisse le souvenir d’une moniale profondément pieuse. Ce n’est pas seulement aux Offices qu’elle se révélait femme de prière mais aussi au cœur de son travail, s’entretenant familièrement avec le Seigneur. Elle avait une grande capacité d’admiration et d’émerveillement pour la nature, pour tout ce qu’elle découvrait, pour toutes ses sœurs sans exception, et plus que tout pour le Seigneur Bien-aimé qui avait conquis très tôt son cœur et qui fut la passion de toute sa vie. C’est pour répondre à cet appel amoureux qu’elle quitta non seulement son pays, mais aussi sa mère adoptive, son unique famille.
Homélie à l'occasion du décès de Sœur MariaCette homélie a été prononcée par Dom André Barbeau o.c.s.o., abbé de l'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle, lors de la messe de funérailles de Sœur Maria, le 29 novembre 2005. Bien chères Sœurs, Sœur Maria avait des mots exquis parfois pour dire ce qu'elle ressentait et vivait parmi vous ses soeurs : "je me languis de la communauté". Elle se languissait de vous depuis que la maladie l'avait contrainte à vivre davantage en cellule. La solitude aura été la grande épreuve de sa vie humaine et monastique, l'épreuve qui l'aura transformée en lui révélant ce que le Seigneur destine aux tout-petits. Au fil des années, Sœur Maria avait appris à aimer sa solitude pour Dieu ; elle ne cherchait pas à s'y soustraire, à la contourner, à la fuir. Bien au contraire, pour elle, la solitude n'était pas un mal dont on doit à tout prix se prémunir et guérir, mais une épreuve qui, à la manière de toutes les épreuves initiatiques, éveille le cœur et l'esprit à une autre dimension, à une autre présence. Sinon comment aurait-elle pu dire et prier en vérité ces versets du psalmiste : "Ton amour vaut mieux que la vie" ou encore "Je n'ai pas d'autre bonheur que toi"? Habiter avec soi-même, mener la vie monastique, c'est s'engager dans une voie initiatique, celle de la solitude qui nous conduit à notre naissance en Dieu. Sœur Maria a dû rencontrer sur ce chemin la souffrance qui nous enlève toutes nos certitudes, nos fausses illusions, nos apparences trompeuses, et nous apprend peu à peu ce silence profond et vrai qui n'est pas qu'une absence de mots mais "la joie, le cri de joie, la louange sur les lèvres" sans mots, ce qui vient "de l'être intérieur renouvelé de jour en jour". La voie pour arriver à cela, dans la tradition cistercienne, c'est la voie de la solitude cénobitique. Notre solitude se vit dans l'amour fraternel. Tout simplement parce que l'amour de Dieu ne peut pas arriver à maturité s'il ne se nourrit pas de l'amour des sœurs. "Je me languis de la communauté", disait votre Sœur car c'est dans la vie en communauté qu'elle trouvait sa nourriture, elle qui n'était pas venu au monastère pour s'occuper d'elle ou pour faire sa volonté, mais pour se livrer, se remettre entre les mains de Dieu et pour vivre dans la confiance en Dieu et en ses sœurs. Elle l'a fait de manière admirable en restant toujours petite aux yeux des autres, mais grande aux yeux de Dieu qui a toujours un faible pour les petits. En regardant Sœur Maria, aujourd'hui, en nous rappelant ce que cela pouvait représenter pour une jeune femme au temps de la guerre, de quitter les siens et son pays, de renoncer à sa culture et à sa langue, pour venir chercher et servir Dieu auprès des autres, en une terre inconnue, nous pouvons dire nous aussi au Seigneur : "J'ai vu ta force et ta gloire". Ta force qui s'est déployée dans le corps frêle et menu de ce tout petit bout de femme, ta force intérieure qui lui aura donné d'être une priante jusqu'au bout. Et ta gloire : car le Royaume de Dieu s'est manifesté, a avancé dans cette communauté par la présence de cette sœur. Le 21 novembre dernier, c'était le 60e anniversaire de sa profession solennelle au sein de votre communauté. Avec la mort de Sœur Marie-de-Jésus survenue ce jour-là, cet anniversaire aura passé inaperçu. Maintenant elles se retrouvent toutes deux là où ce qui ne se voit pas est éternel. Il me semble entendre Sœur Maria commencer par un cri de joie : c'est formidable ! Et puis au bout d'un certain temps, je suis sûr qu'elle dira à nouveau : "je me languis de la communauté". Serait-ce qu'en paradis, auprès de Dieu, elle continue de vivre en moniale et que sa solitude ne sera achevée que lorsque toutes ses sœurs l'auront rejointe ? En attendant cet avènement, ce jour qui viendra, la voilà, elle, la silencieuse, qui reste des heures à Lui parler, de Lui, de son amour pour Lui bien sûr, mais aussi de vous, de son amour pour vous, ses sœurs bien aimées. Nous prions le Seigneur pour qu'il vienne bientôt et qu'il naisse en nous. Et voilà qu'il est venu et qu'il a voulu une autre nativité : il a fait naître notre sœur Maria en lui pour toujours… |
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