Histoire de l’abbaye

L’histoire de l’abbaye de Blauvac prend ses racines dans la tourmente révolutionnaire. En 1790, l’Assemblée Constituante interdit les vœux religieux. Pressentant une persécution, Dom Augustin de Lestrange fonde un monastère d’hommes dans le canton de Fribourg en Suisse, bientôt rejoint par une communauté de moniales dans le Valais. Mais la Révolution atteint les communautés, qui doivent fuir jusqu’en Russie. En 1800, quelques sœurs rejoignent Darfeld en Rhénanie. En 1802, un petit groupe retourne en Suisse, à la Riedera. En 1816, après la chute de Napoléon, la communauté peut rentrer en France. Ce retour se passe progressivement, chaque groupe de sœurs fondant un monastère. Le dernier groupe s’installe à Vaise, près de Lyon, en 1820. Mais la proximité de la ville nuit au climat de recueillement, et la communauté quitte Vaise pour Maubec en 1834.

Toujours sous le patronage de Notre-Dame de Bon-Secours, la communauté se caractérise par la somme d’épreuves qu’elle traverse et l’énergie qu’elle déploie. Au milieu des difficultés matérielles, les vocations affluent, et les fondations se succèdent : en 1837, quelques sœurs retournent à Vaise à la demande de la population lyonnaise et de son archevêque, en 1852, c’est la fondation de Blagnac, qui deviendra le Rivet en 1939, puis celle de Bonneval en 1875, et enfin celle de Chambarand en 1931.

Pour autant, les difficultés matérielles continuent à se succéder : d’énormes travaux sont nécessaires aux bâtiments, qui sont de plus inadaptés à une communauté plus restreinte, l’économie rurale est mise en difficulté par des épidémies. L’idée d’un transfert commence à pointer. En attendant, la communauté suit le rythme de l’Eglise et du concile Vatican II, les évolutions de l’Ordre. Finalement, déménagement aura lieu en 1991, amenant la communauté à Blauvac, au pied du Ventoux.