Histoire des hosties

Lors de la Cène, Jésus a consacré du pain, pour laisser aux hommes son Corps dans le mystère de l’Eucharistie. Ceci ayant eut lieu selon les évangiles synoptiques pendant la Pâque juive, ç’aurait été du pain azyme, non levé. Saint Jean place son récit avant cette fête, et dans ce cas le pain aurait été fermenté. Mais là n’est pas le plus important, et les premières communautés se servaient indifféremment de pain azyme ou fermenté : tout dépendait des facilités d’approvisionnement.
Il n’y eut de choix qu’à partir du VIe ou du VIIe siècle : l’Orient se prononça pour le pain fermenté, et l’Occident pour le pain azyme. Le concile de Florence déclara les deux coutumes légitimes, et les institua règles pour chacune des deux régions. Cette différence demeure encore.

L’introduction spécifique des hosties est assez tardive : jusqu’au IXe siècle, les fidèles offraient le pain et le vin qu’ils avaient apportés, et le prêtre prélevait juste la quantité nécessaire poir la consécration. Le pain restant était distribué ensuite en signe de partage.
A partir du IXe siècle, le mode de vie changeait, et certains fidèles préfèraient offrir de l’argent que du pain. Par ailleurs, avec le régime féodal, les églises avaient reçu des terres leur assurant une relative indépendance dans le culte en leur fournissant la farine nécessaire.

D’autre part, un souci liturgique s’est dégagé : uniformiser les offrandes et éviter d’avoir à rompre du pain, ce qui amenait toujours à la multiplication des parcelles. De petits pains indivduels furent préparés, au nom d’hosties (ce qui signifie étymologiquement « victime »).
Dans ce même souci liturgique, on réserva au prêtre une hostie plus grande, afin de conserver le rite de fraction du pain tel que le Christ l’avait fait. Une taille plus importante a de plus l’avantage pastoral d’être plus visible lors de l’élévation.

Pour autant, on retrouve dès le VIe siècle des moules de pierre servant à la confection spécifique de pains d’autel. Ils comportent des inscriptions gravées, qui imprimeront sur les pains des croix, l’alpha et l’omega ou d’autres inscriptions soulignant la nature du pain consacré : le Corps du Christ.

Jusqu’au XIV siècle, cette tâche fut exclusivement réservée aux clercs et aux religieux. Progressivement, des religieuses (semi-contemplatives puis contemplatives) assumèrent ce service, et cela devint de règle à partir du XVIIe. La fréquence des communions augmentant, et le nombre de religieuses s’y adonnant diminuant, les techniques de production évoluèrent, mais le climat de prière qui accompagne la fabrication demeure.