Profession temporaire

« Que le Seigneur achève en toi l’œuvre qu’Il a entreprise. Maintenant, je t’invite à faire ta promesse et je te reconnais comme professe de l’Ordre sous le nom de Sœur Maria. »

Sœur Maria a fait profession temporaire pour un an le 8 septembre 2006, en la fête de la Nativité de Notre-Dame.

Profession temporaire, mais déjà un tournant important dans la vie monastique, tant pour celle qui fait profession que pour la communauté qui l’accueille. C’est un premier engagement, bilatéral. Il ne s’agit plus de découvrir, mais de s’engager ; il ne s’agit plus d’accueillir, mais d’incorporer. La communauté a rendu son vote : elle accepte la promesse de Sœur Maria, elle s’engage avec elle. Désormais, Sœur Maria est professe de l’Ordre.

« Que demandes-tu ? »
« La miséricorde de Dieu et celle de l’Ordre. »
« Lève-toi au Nom du Seigneur ! »

La profession monastique n’est pas un sacrement, elle est continuité du baptême. La professe ne fera que vivre en chrétienne. Mais tout est dans ce « que ». Faire profession, c’est d’une certaine façon faire vœu de baptême, de laisser jaillir en soi la source jaillissante dont on a été ondoyé. Ne faire que cela, n’être que cela : enfant de Dieu. Pas plus ni moins, mais intensément. S’engager dans la vie monastique, c’est s’engager à devenir un « explorateur curieux » de la Grâce (Saint Bernard).

« T’engages-tu librement aujourd’hui à poursuivre ta marche à la suite du Christ en promettant selon les Constitutions de l’Ordre cistercien de la Stricte Observance, obéissance, stabilité, et conversion de vie ? »

La profession nous condamne librement à vivre, à être des vivantes, de vraies vivantes. Choisir la vie, ce n’est pas facile, il a fallu s’y préparer. Faire profession, c’est s’engager à refuser les choix mortifères, et la conversion de vie n’est autre que cet réponse à l’appel de Dieu : « Choisis la vie ! » La communauté est ce lieu concret d’exercice de la liberté, lieu de guérison et de transformation à la mesure de l’implication que l’on y met.

« Acceptes-tu d’être formée par l’Esprit-Saint et par la Parole, dans la Vie Liturgique et le souvenir incessant de Dieu ? »

C’est là le cœur de toute vie monastique : la rencontre de Dieu. Mais ce n’est pas la moniale qui en est l’actrice ; Dieu seul prend des initiatives, à nous d’y répondre. Il nous cherche bien plus que nous ne pouvons Le chercher, et être disciple consiste avant tout à Lui faire confiance, à Le laisser agir : « Fais-lui confiance, et Lui, il agira », dit le Psalmiste.

« Seigneur, Notre Dieu, regarde notre Sœur Maria avec bienveillance : elle veut aujourd’hui devant l’Eglise se consacrer à toi dans la vie monastique sous la Règle de Saint Benoît. Que sa fidélité à ton service rende Gloire à ton Nom et serve au salut du monde. Par Jésus le Christ Notre Seigneur. » Amen.